Elodie Alice

photo de Benoît Lafosse

AMOURS STANDARD / Duo pour un contre-chant
propose une traversée singulière, à la croisée du jazz,
de la chanson et de la comédie musicale.
Le spectateur est invité à suivre la rêverie d’une chanteuse de jazz
qui, dans son salon, jongle avec son répertoire.
Habitée par les standards, ces chansons populaires américaines et leurs propos amoureux,
la chanteuse divague, lit, parle, chante tour à tour, passe de l’anglais au français,
s’invente un public, convoque un guitariste. Son guitariste ?
Ensemble, ils détournent, contournent, transposent paroles et musique.
Collage, bricolages.
Pour inventer des faces B, trouver une autre forme d’effraction.

durée : 50 mn

Elodie Alice : voix, chant, textes
Monsieur Gadou : guitares, arrangements
Agnès Coisnay : direction du jeu scénique
Benoît Lafosse : regard photographique

Fiche technique concert-conférence Amours Standard
Fiche technique concert-spectacle Amours Standard
Plan lumière spectacle Amours Standard

 

Partenaires :
Espace culturel du Bois Fleuri, ville de Lormont / le Rocher de Palmer, Musiques de Nuit
Médiathèque Jacques Ellul, v
ille de Pessac

OARA- Molière scène d’Aquitaine, Philippe Méziat

photo : Benoît Lafosse

 

 

AMOURS STANDARD / inclinaisons, déclinaisons

volet 1 – LE LIVRE

Amours standard, c’est d’abord un ensemble de textes écrits en français par Elodie Alice.
Partie de son répertoire, le Great American Songbook, elle se penche sur les paroles de ses chansons populaires à succès, les “standards”, chansons d’amour pour la plupart. Pour chaque standard choisi, elle a écrit un texte librement inspiré : détournement, digression, changement de focale. Le lecteur peut ainsi choisir de partir du port d’attache, le standard, et profiter du jeu de miroir proposé entre les deux versions, anglaise et française. Il peut tout aussi bien aborder la collection des textes en français pour entrer dans le sillage du propos amoureux.
Les entrées sont multiples…

“Quand Élodie Alice Rousseau m’a fait part de son travail d’écriture autour des standards de jazz, qui consistait, sans les traduire, à en éclairer les surfaces et les profondeurs, j’ai tout de suite été intéressé car ces chansons qui nous sont familières ne livrent pas leur sens immédiatement à cause de la barrière de la langue, et sont par ailleurs souvent interprétées par des instrumentistes qui en connaissent les paroles sans rien nous en dire !

Quand j’ai lu ses textes, poèmes libres, associations, allitérations, j’ai aimé y retrouver ce qui fait la marque même du jazz : la présence du corps dans le son. Assumant ce risque, Élodie Alice Rousseau rejoint une manière de transgression qui nous est devenu familière, mais qui ne l’a pas toujours été. Ses textes s’inscrivent ainsi dans le champ d’une littérature marquée par un éros léger : là encore, le lien avec les sons de la langue y est manifeste.

On ne s’étonnera pas que l’idée de mettre ces textes dans l’espace de la représentation soit alors venue, et que cela ait conduit à des réalisations concrètes, spectacles et récitals.”
Philippe Méziat (quatrième de couverture)

 

volet 2 – LE SPECTACLE – LA CONFERENCE

Amours Standard /Duo pour un contre-chant est une mise en voix et en scène de cet objet littéraire.
Dans cette proposition, Elodie Alice se joue des codes de la chanteuse de jazz. Elle dit, lit, “voise” ses propres textes, passe de l’anglais au français. Elle est accompagnée par le guitariste Monsieur Gadou qui s’empare lui aussi du jeu de transposition et de détournement des standards. Partitions réécrites, relectures effrontées, intrusion de la guitare électrique.

Le projet a été accueilli en résidence à la médiathèque Jacques Ellul de Pessac, au Rocher de Palmer et enfin à l’OARA en février 2016.
Il a été présenté plusieurs fois publiquement (médiathèque du Bois Fleuri, Bootleg, Librairie Olympique, L’Entrepôt).
Amours standard se décline en deux formats :
– le concert-spectacle : Elodie Alice y incarne un personnage féminin, se frottant là au jeu scénique. Monsieur Gadou quant à lui fait office d’hologramme, de guitariste plus ou moins rêvé. Décors, écriture lumière, déplacements complètent cette version “grand format”sur un plateau de minimum 8X8m.
– le concert-conférence  : le duo se retrouve autour d’un guéridon, dans un simple salon ou une bibliothèque. Proche du public, la chanteuse et le guitariste exposent textes et standards, dans un souci de partage et de complicité avec l’auditoire, parfois même un brin didactique. Petit format souple et léger.

 

volet 3 – IN BETWEEN – le disque , la performance

In Between est la troisième déclinaison d’Amours standard.
Ici, la règle de jeu choisie est celle du duo. On y retrouve des extraits de la version scénique, le duo voix/guitare et d’autres collaborations : voix/batterie, voix/contrebasse, voix/piano.
Le standard de jazz vocal est le point de départ. Mais le curseur, celui des codes du genre, est largement manipulé. In Between est une sorte de plate-forme expérimentale où le duo se rencontre. La taille du terrain de jeu change, le standard se joue plus ou moins en temps réel, tout est permis.
In Between se présente sous forme de concert-performance et bientôt de disque…

 

pochette CD

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MAIS ENCORE…

 

photo : Benoît Lafosse

STANDARD [stɑ̃daʁ] n. m. et adj. (inv. en genre) – De l’anglais standard, issu de l’ancien français estandart, estandard (« étendard, enseigne de guerre »), de l’ancien bas francique standhard « inébranlable »
1. Conforme à un type ou à une norme de fabrication : pièces standard, format standard, échange standard – PHYS. CHIM. État standard : état de référence, conditions normales – FIG. Conforme au modèle habituel, sans originalité : gloussement variés, sourires standard
2. MUS. Thème classique de jazz, sur lequel on improvise. Des standards des années 40

AMOUR [amuʁ ] n. m. – De l’ancien occitan amor, du latin amor, REM. Le mot est souvent féminin du IXe au XVIe puis le masculin s’impose même s’il reste féminin au pluriel
1. Attachement à qqn : inclinaison envers une personne, le plus souvent à caractère passionnel, fondée sur l’instinct mais entraînant des comportements variés ♦ AU PLUR. Liaison, aventure amoureuse
2. Attachement à qqch : Goût très vif et profond pour une activité ou une chose qui procure du plaisir

JAZZ [dʒaz ] n. m. – Étymologie inconnue bien que donnant lieu à de multiples hypothèses.
« Tout d’abord le mot jazz, eh bien c’est le nom que les Blancs des Etats-Unis ont donné à notre musique (…). Ce mot pouvait signifier n’importe quel foutu truc : s’amuser comme des fous, faire la bombe, faire l’amour, s’encanailler. Ce mot s’écrivait jass, ce qui signifiait faire l’amour,  baiser. »  Sidney Bechet
« C’est un mot africain, du malenke jasi, qui signifie se comporter d’une manière extravagante, sortant de l’ordinaire, et par extension, vivre à un rythme accéléré, sous pression, et sans inhibitions. » Dizzy Gillespie
« Jazz = jase en zigzag » Michel Leiris
1. a. A type of American music with lively rhythms and melodies that are often made up by musicians as they play (propulsive syncopated rhythms, polyphonic ensemble playing, varying degrees of improvisation, deliberate distortions of pitch and timbre )
b. Popular dance music influenced by jazz and played in a loud rhythmic manner
2. Meaningless or foolish talk, blah-blah
3. Similar things « That wind, and the waves, and all that jazz » John Updike
4. Orchestre de danse jouant à la manière des noirs américains
5. Terme qui désignait la batterie en France avant-guerre

photo Benoît Lafosse / Pessac

 

Amours standard (extrait)

Love for sale

Il me dit
tu ne te rends pas compte
à quel point tu t ‘exposes
là, devant eux, sous la lumière
dans cette bouche rouge
dans tes hanches de soie noire
et l’insaisissable crépitement au fond de ton oeil
tu ne peux pas savoir
combien tu les inondes de ton monde
à quel point tu leur donnes de toi
et combien les uns et les autres te boivent à leur tour
combien ils t’ approchent, t’absorbent, te pénètrent
à leur insu
-
je suis là
devant eux
là sous les lumières qui découpent mes épaules, mes bras, mes jambes
feu de chair dans l’obscurité
seule finalement, quasiment nue, offerte à tous les regards
à la fois icône et profondément vivante
à portée de chacun, de chacune, si loin si proche
puits de réminiscences
antre des désirs, des soifs et des faims, des jalousies, des cachoteries
berceau des pensées vagabondes

[…]

photo : Benoît Lafosse

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